Le buzz :
Le cinéaste-phare des années 2010.
Réalisateur virtuose, bâtissant chacun de ses films sur une intrigue prenante, des personnages sombres et torturés, un twist final (déjà dans son premier court-métrage !), il est LE réalisateur-culte d'aujourd'hui.
Action et intelligence, complexité et cohérence, tous les ingrédients sont réunis à chaque fois pour qu'on prenne une claque.
Autrement dit :
Nolan a haussé le blockbuster au niveau du grand cinéma (qui aurait cru qu'un film de super-héros puisse recevoir un Oscar ?).
En somme, il est :
Kubrick + Ridley Scott + Michael Mann + les Wachowski
En réalité :
Un cinéaste qui déborde de talent(s) mais qui se disperse facilement : pour chaque film, il a une vision, un énorme potentiel, des tonnes de choses à dire mais on garde un sentiment de précipitation et d'inachevé.
C'est particulièrement vrai pour :
Son dernier, The Dark Knight Rises, qui veut nous raconter au moins quatre histoires en même temps.
Nolan est en fait un cínéaste :
Très cérébral. Tout est pensé, peut-être même trop pensé, trop bien calibré, ce qui donne des films souvent trop sérieux où "l'efficacité" passe avant tout.
Les acteurs :
Souvent très bons (Aaron Eckhardt, Tom Hardy...) voire excellents (Michael Caine, Heath Ledger), mais le réalisateur ne se soucie que d'une chose : relancer sans cesse l'intrigue, pour ne pas perdre le spectateur incapable de se concentrer plus d'une minute.
L'épaisseur humaine passe après le rythme : Nolan filme des "thrillers psychologiques" explorant davantage "l'architecture de l'esprit" que ses émotions.
Le problème vient principalement :
Du montage : saccadé, haché, il ne laisse aucun temps mort, aucune respiration. Régulier jusqu'à la monotonie, il donne l'illusion que tout passe à la même vitesse, une journée ou des semaines et des mois. Tout semble filmé de la même façon, une poursuite ou une scène de bal, une discussion comme un duel.
Comme de plus, Nolan "dégraisse" ses films de tout ce qui n'est pas strictement indispensable, on a l'impression de voir défiler une fresque à toute allure. Il ne nous laisse pas le temps de plonger dans son univers.
C'est comme voir à chaque fois :
Une longue bande-annonce. Ensuite, on aimerait bien voir le vrai film.
Exception faite de :
Inception, grâce à une certaine unité de temps, de lieu et d'action - paradoxe pour un film qui explore les espaces/temps de plusieurs niveaux de rêves. S'étant tenu à une structure d'ensemble simple, Nolan signait là son meilleur opus.
(C'est aussi celui de ses films qui, étrangement, donne le moins l'impression d'un rêve...)
Message personnel au réalisateur :
"Christopher, Christopher, quand imposeras-tu aux studios un vrai grand film comme tu rêves d'en faire ?
Tu leur as rapporté des fortunes (825 millions de dollars de recettes avec Inception ; un MILLIARD avec TDK ; et déjà 400 millions pour TDKR) et tu n'as plus rien à prouver en termes d'efficacité, alors maintenant impose-toi face à eux !
Dépêche-toi de produire ce énième reboot de Superman et passe à la suite !"
Conclusion (à la Nolan) :
Le moins surestimé des cinéastes les plus surestimés.
Ou l'inverse.





Haut de page